Programme FNI URPS 2021

Les 140000 infirmiers et infirmières libérales, bien répartis sur le territoire, sont dotées de compétence en prévention, éducation à la santé et suivi des patients chroniques et dépendants. C’est un atout majeur pour la qualité du système de santé du pays.

La prise en charge au plus près des patients et à leur domicile constitue un enjeu sociétal et économique majeur pour l’avenir de ce système et pour la sortie de la crise sanitaire. Notre profession assure, tous les jours et toutes les nuits les soins à domicile des patients complexes, les sorties d’hospitalisation, le suivi des patients. Elle participe au maintien du lien social. Enfin, notre engagement sans faille depuis le début de la crise sanitaire doit être reconnu et valorisé. Il est temps de reconnaître que les IDEL sont la première ligne du système de santé et de leur donner un statut officiel de professionnels de santé de premier recours.

Fort de ce constat que la population partage, la FNI a décidé de porter un ensemble de propositions concrètes, reflétant les idées et les initiatives dont les infirmières et infirmiers libéraux foisonnent pour améliorer les soins dans les territoires au plus près des patients.

Préserver l’exercice libéral infirmier

La proximité, la réactivité, l’efficacité du tissu libéral n’a pas de pendant dans les structures lourdes.
L’exercice libéral infirmier, de par le maillage territorial qu’il opère, constitue un levier essentiel de l’accès aux soins.

Pour préserver cet exercice, il faut :

  • Mettre fin aux filières captives qui désorganisent le tissu libéral infirmier
  • Instaurer un contrôle de l’adressage des patients en sortie d’hospitalisation.
  • Élaborer des conventions cadre nationales avec les instances représentatives des services d’HAD et des SSIAD qui soient de nature à mieux articuler l’activité du secteur libéral avec ces structures.

 

Renforcer le rôle des IDEL à l’échelle du territoire

Il faut s’appuyer sur le maillage territorial des infirmiers et infirmières, ainsi que sur la confiance que la population porte à ces professionnels de santé. La prise en charge des patients par des professionnels de santé libéraux constitue la filière naturelle du retour à domicile après une hospitalisation. Cette filière reste le socle du maintien à domicile des patients. L’enjeu est majeur pour l’ensemble des professionnels de santé de ville, mais aussi pour la population.

Pour cela, il est nécessaire :

  • De donner aux infirmiers un statut officiel de professionnels de santé de premier recours avec les médecins et les pharmaciens.
  • D’instaurer une visite infirmière de concertation en pré-sortie hospitalière. Cette visite de l’infirmier référent du patient en milieu hospitalier est destinée à préparer au mieux la sortie d’hospitalisation. Elle permettrait d’anticiper et d’organiser la coordination de sortie hospitalière.
  • De donner à l’infirmier référent la légitimité pour coordonner les parcours de soins des patients chroniques et dépendants et l’assortir d’une rémunération adaptée.
  • De créer les conditions favorables à la transversalité et à la coordination des acteurs, notamment avec la mutualisation d’un dossier de sortie hospitalière.
  • De permettre et faciliter la rémunération des équipes de soins de premier recours.

Développer les missions et les compétences des IDEL

Les IDEL doivent bénéficier de davantage d’autonomie et d’initiative. C’est une condition sine qua non du maintien des soins de premier recours auprès des patients, sans altérer la qualité de ces soins, mais aussi pour raccourcir les délais d’accès au système de santé des patients sur l’ensemble des territoires. Pour cela, il faut :

  • Permettre un accès direct du patient aux compétences autonomes de l’infirmière libérale sans passer nécessairement par les médecins traitants.
  • Donner à l’infirmière référente la légitimité pour coordonner le parcours de soins des patients chroniques et dépendants et l’assortir d’une rémunération adaptée.
  • Instaurer une consultation infirmière de première ligne. La visite instaurée dans le cadre de la crise sanitaire doit déboucher sur une consultation infirmière de première ligne.

L’infirmier libéral pourrait prendre en charge les affections bénignes et orienter, le cas échéant, le patient vers le médecin traitant ou vers le médecin spécialiste. La généralisation de cette consultation permettrait une meilleure prise en charge clinique, qui à terme, serait génératrice d’économies. L’intervention de l’infirmier éviterait certaines hospitalisations consécutives par exemple à une déshydratation ou à une dénutrition.

  • Élargir le droit de prescription des infirmiers à certains examens de contrôle biologique, tout en réservant la visite du médecin au diagnostic.
  • Donner à l’IDEL un rôle accru dans la prévention primaire et secondaire, notamment dans le dépistage, la vaccination ou l’éducation thérapeutique.
  • Systématiser un suivi hebdomadaire à domicile des patients sous anti-cancéreux oraux. Ce suivi porterait sur l’observance, mais aussi sur la remontée, le cas échéant, d’effets indésirables, en relation étroite avec le médecin traitant, l’oncologue et le service hospitalier.

Construire une coordination de terrain respectueuse de l’indépendance des IDEL.

Cette coordination doit s’appuyer sur des équipes de soins libérales, mobiles et légères, assises sur la responsabilité d’un triptyque socle composé d’un médecin généraliste, d’un pharmacien et d’un infirmier auxquels peut s’adjoindre tout autre professionnel selon la prise en charge nécessaire au patient.

Les IDEL ont un rôle de « première ligne » à jouer dans l’amélioration de la santé de la population.

Le suivi des patients, l’éducation thérapeutique, l’orientation des patients dans le système de soins, la prise en charge des patients âgés ou chroniques contribuent à réduire la mortalité évitable et à promouvoir la santé. La prévention des conséquences du vieillissement par un repérage précoce de la fragilité reste un enjeu majeur pour les IDEL.

 

Pour cela, nos objectifs visent à :

  • Revoir les conditions de mise en œuvre des CPTS, trop bureaucratiques pas assez libérales
  • Intégrer les missions de IDEL dans la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement.
  • Reconnaître et rémunérer le rôle infirmier dans la promotion de la santé.
  • Valoriser les solutions numériques qui respectent le libre choix du patient et qui sont portés par les professionnels de santé de terrain.

 

La FNI a travaillé depuis près de 5 ans à la mise en place d’un outil d’adressage et de coordination qui respecte le libre choix des patients et met en résonance l’offre et la demande au niveau des territoires. L’outil Inzee.care, élaboré en étroite concertation avec plus de 7 URPS infirmiers, des URPS de masseurs kinésithérapeutes, orthophonistes, est désormais opérationnel.

Il a d’ailleurs été choisi dans 8 régions pour déployer la visite domiciliaire sanitaire infirmière

Dans un autre registre, la dispense d’avance de frais par le patient constitue un « amortisseur social » qui facilite l’accès aux soins. La FNI milite pour que les flux qui découlent de ce tiers payant généralisé ne soient pas sous la gouvernance exclusive des organismes complémentaires d’assurance maladie.

La FNI travaille en étroite collaboration avec d’autres organisations représentatives des médecins, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, biologistes à la mise en place de solutions qui permettront de concrétiser le tiers -payant et garantiront l’indépendance des professionnels de santé : c’est le projet Paymed

Organiser et financer l’intervention des IDEL dans le cadre de la prise en charge du grand âge et de la dépendance.

La loi en préparation sur le grand âge et la dépendance doit être l’occasion de clarifier les rôles, mais aussi les financements des prises en charge et du suivi des patients dépendants. Pour cela il faut :

  • Combattre les effets pervers des modalités de financement des soins réalisés dans le cadre de la perte d’autonomie à l’échelle des territoires en finançant les soins infirmiers.

La FNI demande l’externalisation du financement des soins infirmiers réalisés par le secteur libéral dans le cadre de prise en charge conjointe avec les SSIAD. La facturation directe doit rentrer dans le droit commun. Cette mesure a d’ailleurs fait l’objet d’une dérogation du 6 mars au 10 juin dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

  • Re-médicaliser les Ehpad en favorisant l’implication des IDEL : la crise sanitaire a mis en relief la nécessaire articulation et la collaboration entre le secteur de ville et ces structures.

Les conventions tripartites qui ont jeté les IDEL hors EHPAD ont mis en lumière les limites  du dispositif.

Faire reculer le paternalisme médical

La vision « tout médecins » des Agences régionales de santé ne peut être le fil conducteur de la politique des soins de ville.  Vous pouvez compter sur vos élus FNI pour faire entendre la voix des IDEL auprès des instances et des pouvoirs publics régionaux.

La collaboration entre professions plutôt que la subordination est un credo à la FNI.

En conclusion

Les élections qui vont se tenir ne sont pas une simple « formalité ». Les enjeux qu’elles recoupent dessineront les contours de votre exercice professionnel dans les territoires. Loin de céder aux sirènes du populisme, la FNI assume et décline sa signature de campagne dans son programme : MON MÉTIER, MES VALEURS, MON AVENIR

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